Façade de l'église Santi Francesco e Giustina à Rovigo vue depuis la cour du presbytère
Chiesa dei Santi Francesco e Giustina, facciata, vista cortile canonica (Rovigo) 01 · Vue partielle de la façade depuis la cour du presbytère · Threecharlie · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons
Légendes et mystères
Légendes et mystères · RovigoLégende

Le tribunal du couvent : l'Inquisition à Rovigo

Hérétiques, sorcières et un bûcher dans la Rovigo du XVIe siècle

Époque
1547-1797
Où
Église des Santi Francesco e Giustina

Derrière la façade XIXe de l'église San Francesco, au cœur de Rovigo, se cache une histoire que peu d'habitants connaissent. Ici, dans le couvent des frères mineurs voulu par testament par Obizzo II d'Este à la fin du XIIIe siècle, siégeait le tribunal de l'Inquisition pour le diocèse d'Adria et Rovigo.

Le premier inquisiteur dont on ait une trace certaine apparaît en 1547. Ce sont les années où les idées de la Réforme protestante circulent aussi dans le Polesine, diffusées par les confréries. Parmi elles, celles des anabaptistes.

L'un d'eux s'appelait Benedetto da Asolo. En mars 1552, un témoin interrogé par l'Inquisition de Venise raconta avoir été initié aux idées anabaptistes par « Benedetto de Borgo da Asolo », qui « poi fu brusato a Rovigo » (fut ensuite brûlé à Rovigo). Une condamnation au bûcher, donc, exécutée en ville.

Le tribunal était presque toujours dirigé par des franciscains. Seule exception : le dominicain Pietro Martire Frachetti, inquisiteur de 1569 à 1590. À ses côtés siégeait l'évêque : sous Giulio Canani, évêque de 1554 à 1591, c'est même la Curie qui mena une répression de l'hérésie si intense qu'elle laissa peu de place aux frères.

Les audiences se tenaient souvent au Palazzo Pretorio, en présence du podestat vénitien et de ses conseillers ; d'autres fois au palais épiscopal ou au couvent de San Francesco. On n'y jugeait pas que des hérétiques : dans la seconde moitié du XVIe siècle, des accusations de magie et de sorcellerie arrivèrent aussi devant les juges.

Ici, la frontière entre histoire et légende devient ténue. Selon des récits transmis en ville, les sorcières se seraient réunies là où s'élève aujourd'hui le Tempio della Rotonda, pour tisser des maléfices et préparer des philtres d'amour. Aucun document ne le confirme : c'est la mémoire populaire qui a donné un lieu aux peurs de l'époque.

Le tribunal disparut avec la chute de la République de Venise, en 1797. Du couvent subsistent aujourd'hui une partie du cloître, une salle capitulaire du XIVe siècle et, de part et d'autre du portail, les blasons à l'aigle des Este. Entrer à San Francesco, où l'on admire une Pietà de Tullio Lombardo, c'est marcher sur un chapitre oublié de la ville.

SourcesSources vérifiées

  1. Sede inquisitoriale di Adria-Rovigo — Ereticopedia (su S. Malavasi, Dizionario storico dell'Inquisizione)
  2. La diffusione dell'anabattismo in Veneto attraverso la deposizione di Marcantonio da Prata (3 marzo 1552) — Università degli Studi di Trieste (materiale didattico, da ASVe, Santo Officio b. 158)
  3. Pagine di storia, roghi e misteri — La Voce di Rovigo
  4. Eresie, magia, società nel Polesine tra '500 e '600 (indice del volume) — Minelliana
  5. Rovigo e l'inquisizione, i luoghi della giustizia — italiani.it
  6. Chiesa dei SS Francesco e Giustina — Regione del Veneto - Veneto Around Me
  7. Chiesa dei Santi Francesco e Giustina — MuseiOnline

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